Port de Conakry : la justice française condamne (un peu) Bolloré

La justice française a condamné le groupe français Bolloré à payer plus de 2 millions d’euros à la société NCT Necotrans dans le litige qui les opposait sur la concession du Port de Conakry. Le plaignant réclamait 100 millions.

L’armateur NCT Necotrans réclamait 100 millions d’euros de dommages et intérêts, il n’en recevra que 2,1. C’est le jugement rendu le 10 octobre par le tribunal de commerce de Nanterre dans le litige qui opposait le groupe français à son compatriote Bolloré sur la concession du port de Conakry, rapporte l’AFP.
Le président de la République de Guinée Alpha Condé, élu en novembre 2010, avait résilié le 8 mars 2011, par décret, la convention de concession du terminal à conteneurs du port de Conakry octroyée en 2008 pour une durée de 25 ans à Getma, la filiale guinéenne de NCT Necotrans. Le gouvernement guinéen avait confié quelques jours plus tard la gestion du port au groupe Bolloré, estimant que Getma n’avait pas respecté ses engagements.
Débouté
Les 2,1 millions d’euros accordés par le tribunal le sont au titre des dommages et intérêts pour les investissements effectivement consentis par Necotrans et qui ont bénéficié au nouveau concessionnaire.
Necotrans, qui maintient avoir investi plus de 30 millions d’euros dans l’infrastructure, avait également assigné devant la justice consulaire les sociétés Bolloré et Bolloré Africa Logistics (BAL) en octobre 2011, les accusant notamment de "concurrence déloyale" et de "s’être rendues complices de la violation, par l’Etat, de ses engagements contractuels".
Le tribunal a débouté Necotrans de ces demandes estimant qu’"il n’a pas été démontré que les sociétés du groupe Bolloré sont à l’origine de la décision de résiliation consentie à Getma". Necotrans avait également porté plainte contre Vincent Bolloré, le PDG du groupe éponyme pour "avoir financé la campagne électorale d’Alpha Condé" via l’agence de communication Euro RSCG. La plainte déposée en mars 2013 a été classée sans suite par le parquet, après enquête.
Necotrans conteste toujours la décision guinéenne et un arbitrage international contre le pays est en cours pour trancher le litige. Le port de Conakry, seul port autonome de la Guinée, est vital à l’économie du pays. Près de quatre millions de tonnes de marchandises y transitent chaque année, des hydrocarbures aux biens de première nécessité.


Voir en ligne : Le Ressac