Coup de semonce pour DP World à Djibouti

Djibouti a entamé la procédure de résiliation du contrat de concession du terminal à conteneurs de Doraleh passé avec DP World en 2003. L’opérateur est soupçonné de l’avoir obtenu en versant des pots-de-vin.

Un communiqué du gouvernement de Djibouti daté du 9 juillet a confirmé la résiliation du contrat de concession du terminal à conteneurs de Doraleh passé avec le groupe émirati DP World en 2003. L’opérateur est fortement soupçonné de corruption. Les pouvoirs publics djiboutiens assurent "disposer d’éléments de preuve indiquant que DP World a payé des pots-de-vin et procuré d’autres avantages financiers à Abdourahman Borreh, ancien président de l’Autorité des ports et zones franches de Djibouti".

Ce dernier vit actuellement en exil depuis 2008, accusé d’avoir détourné dans le cadre de ses fonctions plus de 150 millions de dollars. Le gouvernement de Djibouti a annoncé avoir introduit auprès de la cour d’arbitrage de Londres une procédure de résiliation du contrat qui devrait durer entre un et six mois.

"La décision sera connue avant la fin de cette année", a révélé à Jeune Afrique Aboubaker Omar Hadi, le président de l’Autorité portuaire, qui devrait reprendre la responsabilité des opérations portuaires.
Rapport de force

La résiliation de cette concession ne devrait toutefois pas entraîner la rupture du partenariat qui existe entre l’opérateur et l’acteur public, même si le rapport de force - 67 % des actions mais un tiers des votes pour le port, 33 % des actions mais deux tiers des votes pour DP World – pourrait s’inverser.

Notamment dans le cadre des nouveaux investissements à venir sur Doraleh II, pour lesquels le port peut dorénavant s’appuyer sur d’autres partenaires privés, à commencer par la China Merchant Holding International, entrée à hauteur de 23,5 % dans le capital de l’autorité portuaire en décembre 2012 . "Il n’y a aucune raison de repousser nos projets de développement", insiste aujourd’hui Aboubaker Omar Hadi, en direction des usagers du port.


Voir en ligne : Le Ressac