Panne de moteur et échouement ayant entraîné la perte d’un navire

Faits
Malgré les préoccupations exprimées par le chef mécanicien au sujet de la température élevée des gaz d’échappement, un navire à marchandises solides est parti pour un long voyage transocéanique. Au bout d’environ deux semaines, la température des gaz d’échappement a augmenté. Il a donc été décidé de réduire l’allure des machines. Les machines ont finalement été arrêtées pour qu’il soit procédé à une inspection et à une enquête détaillées. Il est ainsi apparu que des segments étaient cassés sur pratiquement tous les pistons et que les injecteurs de combustible ne fonctionnaient pas correctement. Le navire a dérivé plusieurs jours pendant que l’équipe chargée des machines s’efforçait de régler le problème ; elle a tenté de redémarrer les machines à maintes reprises, sans succès. Pendant ce temps, des échanges continus ont eu lieu entre le navire et la société de gestion maritime. Après quelques jours, le capitaine a été informé qu’un service de remorquage avait été commandé. À peu près au même moment, le navire approchait de la côte et a pu jeter l’ancre. Lorsque le remorqueur est arrivé, les conditions météorologiques avaient empiré et les tentatives de raccorder l’appareil de remorquage n’ont pas abouti. Le navire a commencé à chasser sur l’ancre puis il s’est échoué. L’équipage a finalement abandonné le navire par hélicoptère.
Un autre remorqueur a essayé de se raccorder au navire et a réussi. Néanmoins, le navire n’était pas autorisé à rester dans la zone économique exclusive et a fini par sombrer à une centaine de milles au large de la côte par 1 000 mètres de fond.

Causes

  • L’enquête n’a pas confirmé la cause exacte mais suggère que la mauvaise qualité des combustibles de soute, associée à une pénurie permanente de nouveaux injecteurs de combustible et d’autres pièces détachées, a eu une incidence considérable.
  • Le capitaine a agi avec professionnalisme et de la manière qui convenait. Toutefois, à mesure que les problèmes s’aggravaient, il semble que trop de temps ait été consacré aux communications avec la compagnie et qu’il y ait eu trop de parties impliquées dans la prise de décision. Cela a empêché le capitaine d’évaluer toute la gravité des risques encourus.
  • L’équipe chargée des machines n’avait pas pleinement conscience que l’issue de la situation dépendait de son efficacité dans l’accomplissement de la tâche qui lui incombait.

Enseignements à tirer

  • Les préoccupations et les soupçons exprimés devraient être pris au sérieux et dissipés par un contrôle satisfaisant avant que le navire ne quitte le port.
  • Il faudrait disposer d’une réserve adéquate de pièces détachées à bord, en particulier si des inquiétudes ont été soulevées.
  • Un équipement approprié et, en l’occurrence, du combustible de soute de bonne qualité sont essentiels pour effectuer un voyage en toute sécurité. Si l’on cherche à économiser de l’argent en utilisant des produits de moindre qualité, il convient d’anticiper les problèmes qui pourraient en découler et de prendre les mesures nécessaires pour y faire face le cas échéant.
  • Il faudrait rester concentré sur les questions importantes. Le capitaine, se trouvant sur place, devrait recevoir l’appui requis pour réfléchir et valider fréquemment les interventions menées en vue de remédier à la situation. Cette validation devrait alors orienter la façon dont l’équipe chargée des machines planifie son travail.
  • Il est important de maintenir une communication interne.

Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins