Accident très grave

Homme tombé à la mer en utilisant une échelle de pilote

Un porte-conteneurs d’une jauge brute de 25 500 avait commencé à s’éloigner du quai d’un port fluvial. Il faisait encore nuit ce matin-là. Il faisait froid, il y avait du crachin et du gel se formait en certains endroits du pont. Le matelot non qualifié se trouvant au poste de manœuvre avant a entendu, par la radio, l’ordre du capitaine qui demandait de préparer l’échelle du pilote pour le transfert du pilote. Il a dit au troisième officier, qui se trouvait au poste, qu’il allait à la station de pilotage, et il s’y est rendu tout seul. Un autre matelot non qualifié qui se trouvait au poste de manœuvre arrière et qui généralement déployait l’échelle de pilote avec lui, était au poste arrière en train d’attacher le câble de remorquage du remorqueur. Lorsqu’il est arrivé à la station de pilotage depuis le poste de manœuvre arrière, il n’y a vu personne.

Causes
On soupçonne que le premier matelot non qualifié, après avoir déployé l’échelle de pilote et l’avoir assujettie avec des câbles, a ouvert le portillon du pilote pour préparer aussi la plate-forme d’accès en aluminium qui pesait environ 17 kg. Les pattes à charnière de la plate-forme n’étaient peut-être pas engagées dans les supports de sorte que, lorsque la plate-forme a été abaissée, elle a basculé et est tombée par-dessus bord. Le matelot, qui avait un câble fin enroulé autour de la main pour abaisser la plate-forme, a été entraîné et il est tombé à l’eau.
La configuration de la station de pilotage constituait un risque pour les membres de
l’équipage. Elle comprenait un système d’enroulement de l’échelle de pilote à commande électrique, installé à côté de l’étroit passavant et de la plate-forme en aluminium, qu’il fallait déployer à l’aide d’un câble fin et abaisser à la main, alors que le portillon du pilote était ouvert.
Le matelot n’était pas suffisamment conscient des mesures de sécurité à prendre, malgré ses qualifications et sa formation. Il ne portait pas de vêtement de flottaison individuel et il n’était pas attaché au moyen d’une corde, même si le montage de la plate-forme et l’assemblage de la rambarde obligeait à déplacer le centre de gravité du corps par-dessus le bordé. En outre, il a pu considérer cette opération comme une tâche de routine, c’est pourquoi il était seul.
Le fait qu’il ait travaillé dans l’obscurité avec un éclairage médiocre et que le pont était en partie glissant à proximité du portillon ouvert ont contribué aussi à l’accident.
Enseignements à tirer
 On a tendance à sous-estimer les tâches types et de routine du point de vue des
risques de blessure qui y sont associés. Il est important d’appliquer les mesures
appropriées pour rompre la routine à bord et de souligner en permanence les tâches
qui peuvent par nature présenter des risques.
 En évaluant au préalable les risques présentés par le système d’exploitation la
direction améliorerait les méthodes de travail et permettrait à l’équipage d’être
dûment formé en matière de sécurité et de choisir l’équipement de protection
individuel dont il a besoin pendant les travaux.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins