Accident très grave

ENVAHISSEMENT ET PERTE DU NAVIRE

Les faits

Tôt dans la matinée, tandis qu’un porte-conteneurs de petites dimensions faisait route, l’alarme des puisards de la chambre des machines a retenti. Du personnel était présent dans la chambre des machines et l’officier mécanicien a noté que le niveau de l’eau montait sous les tôles du bordé de fond. Le capitaine et le chef mécanicien ont été appelés. Lorsqu’ils sont arrivés tous les deux dans la chambre des machines, l’eau avait commencé à recouvrir les tôles du bordé de fond.
Aucune pompe n’a été démarrée afin de pomper l’eau. Aucune autre mesure n’a été prise pour réduire l’envahissement ou le niveau d’eau. La source de l’envahissement n’a pas été déterminée.
La chambre des machines a été abandonnée une demi-heure après la découverte de
l’entrée d’eau, toutefois, aucun effort n’a été fait pour s’assurer que les portes étanches à l’eau conduisant aux coursives bâbord et tribord reliées à la chambre des machines étaient entièrement fermées.
Le capitaine a ordonné l’abandon du navire environ 45 minutes après la découverte de
l’envahissement. L’embarcation de sauvetage à mise à l’eau en chute libre a été
lancée 35 minutes plus tard avec tous les membres de l’équipage à son bord (à 03 h 20).
Des problèmes ont été constatés sur le moteur de l’embarcation de sauvetage qui s’est arrêté après 5 minutes en raison d’un filtre à combustible bouché. Les membres de l’équipage avaient tous le mal de mer à bord de l’embarcation de sauvetage.
Le capitaine est remonté à bord du navire depuis l’embarcation de sauvetage vers 08 h 30 et a communiqué avec le siège de la compagnie. À ce moment-là, le pont principal était recouvert d’eau en face des locaux d’habitation, mais le générateur de secours continuait de fonctionner.
Les membres de l’équipage ont été secourus peu avant midi par un autre navire. Même s’il était encore à flot à 17 h 00, le navire a fini par sombrer.

Les causes

L’officier mécanicien n’a pris aucune mesure pour réduire l’effet de l’envahissement, par exemple en ouvrant l’assèchement d’urgence des cales et en démarrant la pompe de ballast.
(Il a été déterminé que le débit de l’entrée de l’eau était approximativement le même que le débit de la pompe de ballast.)
Lorsqu’ils sont arrivés dans la chambre des machines, ni le capitaine, ni le chef mécanicien n’ont pris de mesures pour réduire l’envahissement.
Les portes étanches à l’eau conduisant de la chambre des machines aux coursives bâbord et tribord n’étaient pas fermées correctement. Le navire aurait eu une stabilité suffisante pour rester à flot si ces portes étanches à l’eau avaient été fermées.

Les enseignements

Dans le cas présent, la décision d’abandonner le navire s’est révélée prématurée. Même si la sauvegarde de la vie humaine doit être la priorité absolue, l’abandon du navire ne devrait être considéré qu’en dernier ressort du fait qu’il comporte lui-même des dangers et fait partir des lieux des personnes qui sont nécessaires pour sauver le navire.
Il est important que tous les navires aient des plans d’urgence pour lutter contre
l’envahissement de divers compartiments et d’entraîner l’équipage en fonction de ces plans.
Tous les officiers mécaniciens devraient être capables de prendre des mesures correctives contre l’envahissement dans la chambre des machines en ouvrant les vannes appropriées et en démarrant les pompes immédiatement.
L’importance de la fermeture des portes étanches à l’eau dans une situation d’urgence
devrait être clairement expliquée à l’ensemble du personnel à bord.
Les moteurs des embarcations de sauvetage nécessitent des essais de fonctionnement prolongés et non pas seulement un essai hebdomadaire durant quelques minutes. Cela est nécessaire afin de déceler des problèmes tels que la présence de débris dans les citernes à combustible et les tuyautages.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins