Accident maritime très grave

Echouement puis dislocation d’un vraquier

Faits

Un vraquier effectuait une traversée en suivant une route orthodromique en pilotage
automatique. Le navire suivait la route prévue. Le second a observé un écho important sur l’écran radar, tout proche à l’avant. Il a supposé qu’il s’agissait d’un nuage dû à une violente tempête, avant de ressentir l’impact du navire qui s’échouait. Le soleil n’était pas encore levé et il y avait quelques averses légères.
Le navire s’est échoué sur une île et a subi de graves avaries de fond, sur presque toutes ses citernes d’eau de ballast. Il a commencé à gîter à bâbord et a finalement été abandonné par l’équipage. Deux jours après l’échouement, le navire s’est disloqué en deux ; la partie avant a dérivé et la partie arrière a chaviré puis coulé, ce qui a entraîné une pollution considérable autour de l’île.

Causes

L’île se trouvait sur la route prévue mais ni le troisième officier ni le second ne le savait.
Avant le départ, le troisième officier avait calculé des points de route pour chaque 10 degrés de longitude sur la route orthodromique. Il avait ensuite représenté ces points et tracé les routes sur une carte, mais l’un des points de route n’avait pas été représenté conformément aux calculs. Par conséquent, selon la route tracée, le navire devait passer à une dizaine de milles marins de l’île.
Les officiers n’avaient pas consulté la carte. Même si l’échelle de la carte n’était pas
satisfaisante, sa consultation aurait pu amener les officiers à faire preuve de prudence
lorsque des échos radar ont été visibles sur l’écran.
L’équipe à la passerelle savait que le navire passerait à proximité de certaines îles, mais elle ne savait pas à quel moment. Aussi bien le troisième officier que le second ont observé des échos sur les écrans radar, mais ils n’ont pas cherché à en savoir plus et n’en ont pas tenu compte, estimant qu’il s’agissait de nuages de pluie.
Il est possible que le second ait été moins vigilant en raison de son rhume, des médicaments qu’il prenait et des difficultés qu’il avait rencontrées pour dormir avant de prendre son quart.
Dans le cadre de la planification d’un voyage, la compagnie exigeait que le troisième officier représente les zones à éviter sur les cartes, trace les routes prévues sur les cartes marines à grande échelle, et s’assure que le navire ne passe pas à moins de 10 milles marins d’une zone dangereuse ou d’une zone à éviter. Ce travail n’a pas été effectué et le capitaine n’a pas veillé à ce qu’il soit satisfait aux prescriptions de la compagnie.

Enseignements à tirer

 Le marquage des zones critiques sur des cartes appropriées à grande échelle aurait aidé l’équipe à la passerelle à rester bien consciente des risques à venir.

 La surveillance de la position à l’aide des cartes aurait pu amener les officiers à se montrer prudents lorsque des échos importants étaient visibles sur le radar.

 Dans les consignes de nuit qu’il a données, le capitaine n’a pas mentionné le passage à proximité des îles. Un tel renseignement aurait pu sensibiliser les officiers à l’importance des échos radar.

 L’organisation d’une réunion de planification de la traversée préalable à la navigation ainsi que la gestion efficace des ressources à la passerelle devraient permettre de réduire le risque d’une erreur commise par une seule personne.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins