Accident maritime grave

Echouement d’un navire de charge sur une île dans un chenal étroit

Faits

Un navire de charge faisait route dans un chenal étroit tôt le matin. Un pilote, l’officier de quart et un matelot qualifié se trouvaient à la passerelle. Le navire est arrivé à un point de route où l’itinéraire aurait dû être modifié. Le pilote n’a pas modifié la route jusqu’à ce que l’officier de quart lui demande de le faire, et il était alors trop tard pour éviter l’échouement sur une île. Le navire a d’abord poursuivi son voyage, mais il a ensuite été décidé de l’échouer car une grande partie du navire était sur le point d’être envahie. Les membres d’équipage et le pilote ont été évacués sans aucun dommage corporel. Des mesures de lutte contre les déversements d’hydrocarbures ont été prises et les incidences sur l’environnement ont été minimes.

Causes

Il est très probable que la somnolence, due à un sommeil insuffisant et à un moment
défavorable de la journée, a joué un rôle important dans cet accident. Cela faisait une
semaine que le pilote était en service et, au cours de cette période, sa charge de travail avait été lourde : celle-ci était conforme aux règlements applicables, mais le pilote avait très souvent dû travailler la nuit et il avait eu peu d’occasions de se reposer et de dormir.
L’officier de quart devait préparer l’arrivée du navire et organiser les opérations d’amarrage, mais aucun autre navigateur n’avait rejoint l’équipe à la passerelle. En conséquence, l’officier de quart ne pouvait pas consacrer toute son attention à la navigation. En outre, sa capacité à surveiller la position exacte du navire était réduite car les aides à la navigation dans la région avaient été modifiées et les modifications temporaires et préliminaires connexes pour les cartes à bord n’étaient pas aisément disponibles.
L’étanchéité à l’eau du navire n’a pas été préservée. L’équipage devait traverser la cloison de la chambre des machines afin d’accéder à certaines parties du matériel d’assèchement et de ballastage qui demandaient un entretien et un contrôle réguliers. Cette mesure est jugée conforme aux règles de classification, ainsi qu’aux règlements internationaux et aux prescriptions réglementaires, mais un bouchon de trou d’homme sur le parquet de la chambre des machines, qui faisait partie de la cloison étanche à l’eau, n’avait été serré qu’avec deux ou trois boulons sur les 24 disponibles, ce qui a permis à l’eau d’entrer dans la chambre des machines par l’intermédiaire d’un trunk de tuyautages conduisant à la salle du propulseur d’étrave.

Enseignements à tirer

 Des mesures devraient être prises pour éviter que le personnel de quart ne soit distrait pendant les périodes qui nécessitent une vigilance accrue.

 Lors de la navigation à l’intérieur d’un chenal étroit, l’équipe à la passerelle devrait être renforcée par un navigateur supplémentaire, de préférence par le capitaine. Les propriétaires devraient mettre en œuvre des mesures visant à garantir la présence continue de ressources suffisantes à la passerelle afin que l’équipage puisse manœuvrer le navire en toute sécurité et contrôler la navigation du pilote.

 Les autorités devraient veiller à ce que les horaires de travail des pilotes permettent à ces derniers d’avoir des périodes de sommeil et de repos suffisantes.

 Il y a lieu de tenir compte des questions opérationnelles lors de l’examen des plans de construction des cloisons étanches à l’eau.

 Il faut s’assurer que les fermetures étanches à l’eau sont bien verrouillées afin de garantir l’étanchéité à l’eau.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins