Accident maritime très grave

Décès et blessures dus au roulis excessif d’un porte-conteneurs de grandes dimensions au cours d’un typhon

Le porte-conteneurs (jauge brute : environ 95 000) en chargement partiel est allé fortement au roulis en pleine mer lors d’un typhon. En conséquence, plusieurs membres de l’équipage à la passerelle du navire ont perdu l’équilibre, dont le capitaine, le timonier et la vigie. Le timonier a réussi à retrouver l’équilibre, mais le capitaine et la vigie ont été projetés violemment de part et d’autre de la timonerie. La vigie en est morte et le capitaine a subi de graves blessures qui ont exigé son évacuation médicale. Quatre autres marins ont été légèrement blessés.

Causes
Le navire a dû quitter le port rapidement en raison de l’approche d’un typhon. En
conséquence, il n’avait pas terminé son chargement et avait une distance métacentrique (GM) exceptionnellement élevée (7,72 m). Après avoir dépassé les limites du port, il a rencontré une violente vague par tribord, juste comme il allait au roulis sur tribord. Étant à proximité de la terre, le capitaine n’a pu prendre un cap qui aurait amoindri l’effet de la houle.
La conception du navire, combinée à sa faible vitesse au moment de l’événement, a fait que le roulis a été mal amorti. Résultat, le roulis du navire a atteint un angle estimé à 44° en quelque 10 secondes. En raison des grandes dimensions du navire, la timonerie était haut placée, ce qui a contribué à la violence des mouvements qu’y ont subi les membres de l’équipage. En outre, cette timonerie était très vaste et possédait peu de mains courantes ou autres prises auxquelles aurait pu s’accrocher l’équipage en cas de violentes intempéries.
Enseignements à tirer
• Il est dangereux d’exploiter un navire à GM élevée ("navire rigide"), surtout par gros
temps et avec peu d’espace en mer pour manœuvrer.
• Réduire la vitesse du navire au-dessous d’une valeur critique peut entraîner une
dangereuse dégradation de ses caractéristiques d’amortissement dynamique du
roulis.
• L’évaluation des risques des espaces et zones de travail devraient tenir compte de
conditions météorologiques défavorables. Il faudrait envisager des mains courantes,
filières de sécurité et harnais de siège.
• Envisager l’utilisation de casques et de chaussures à semelles antidérapantes,
même dans les zones de travail telles que la timonerie, que l’on peut juger "sûres" –
surtout par gros temps.
• Être conscient des dangers éventuels par mer grosse, en particulier dans les
espaces situés en hauteur dans la structure du navire, comme la passerelle des
porte-conteneurs de grandes dimensions.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins