Accident maritime très grave

Décès et blessures dus à l’entrée dans des espaces clos

Un matelot non qualifié et un élève officier pont servant à bord d’un vraquier de
type Panamax (jauge brute : environ 36 000) ont perdu la vie dans une cale à cargaison tandis qu’ils procédaient à des relevés de température de routine en mer. Un troisième membre de l’équipage, le maître d’équipage, voyant les deux hommes en difficulté, a perdu connaissance en essayant de les aider. Peu après, le second a découvert les trois hommes d’équipage dans la cale à cargaison et a donné l’alarme. Les membres d’une équipe de sauvetage portant des appareils respiratoires autonomes ont récupéré les trois marins, mais seul le maître d’équipage a survécu. L’événement est survenu à bord d’un vraquier transportant une cargaison de charbon, que l’on savait raréfier l’oxygène et susceptible d’échauffement spontané.

Causes
L’atmosphère de la cale à cargaison était appauvrie en oxygène. Il se peut aussi que du monoxyde de carbone ait été présent dans l’espace au-dessus de la cargaison. D’après les mesures prises à l’arrivée au port, la teneur en oxygène dans la cale était de 14,1 %. La raison pour laquelle la première personne est entrée dans la cale est inconnue, mais il se peut que le thermomètre utilisé pour mesurer la température de la cargaison soit tombé ou ait été coincé et le matelot est descendu par l’écoutille pour le reprendre.
Les trois membres de l’équipage qui sont entrés dans l’espace sans appareil respiratoire autonome ont pu le faire sans réfléchir ou peut-être en estimant qu’ils pourraient survivre un bref instant dans l’espace à cargaison.
Le fait que l’écoutille d’accès ait été ouverte pour permettre de faire les relevés de
température doit être considéré comme ayant contribué à l’accident.
Enseignements à tirer
• Lorsque des cargaisons dangereuses sont chargées et exigent des connaissances particulières de l’équipage, une réunion de sécurité, à laquelle tout l’équipage devrait participer, devrait se tenir avant le départ et servir à donner des conseils et instructions appropriés. La présence de chaque membre de l’équipage devrait être consignée par écrit. Les dangers que présente l’entrée dans des espaces clos et la nécessité pour les membres de l’équipage d’ARRÊTER le travail, de REGARDER, d’ÉCOUTER et d’ÉVALUER la situation pour déterminer si les conditions sont dangereuses avant de prendre des mesures d’urgence devrait être pleinement expliquée. Ne pas aggraver une mauvaise situation en devenant soi-même une victime !
• Lorsqu’on envisage de transporter des cargaisons qui raréfient l’oxygène ou produisent des gaz nocifs et exigent de surveiller leur température, on doit prendre des dispositions à l’avance pour que cela puisse se faire sans ouvrir des écoutilles permettant l’accès de personnel. Relever le niveau de monoxyde de carbone peut donner une indication plus rapide et plus sûre de l’échauffement spontané d’une
cargaison que la surveillance de sa température.
• Avant d’effectuer des opérations qui mettent en cause des cargaisons dangereuses, les membres de l’équipage doivent être informés et comprendre les procédures correctes et les mesures préventives à suivre.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins