Accident maritime grave

Décès de membres de l’équipage provoqués par le dégagement accidentel de CO2 dans la salle des machines

Le porte-conteneurs (jauge brute : environ 35 000) était en cale sèche. Une mise à l’essai du dispositif fixe d’extinction de l’incendie au CO2 dans la salle des machines et les cales avait été prévue par le chantier naval, mais a été retardée. Secondé par l’électricien du navire, le chef mécanicien a décidé d’effectuer l’essai du dispositif au CO2 lui-même. Il n’a informé personne du début de l’essai. Il a commencé par injecter de l’air dans les conduites, mais a oublié de détacher le raccord aux bouteilles de CO2 avant d’ouvrir la soupape d’air à haute pression. Peu après le début de l’essai, les bouteilles de CO2 on commencé à se vider dans la chambre des machines. Le chef mécanicien n’a pu arrêter ce dégagement. Il a enclenché l’alarme de CO2 et l’électricien a passé une annonce d’état d’urgence au moyen du système radioélectrique interne. Lorsqu’il a entendu les alarmes et compris la situation, le capitaine a appelé aux postes d’abandon avec le système de haut-parleurs et a ordonné l’évacuation de la chambre des machines. Les opérations de sauvetage ont commencé environ 10 minutes après l’accident et ont été menées avec l’aide de l’équipe de secours du chantier naval. Plusieurs membres de l’équipage et du personnel du chantier ont été envoyés à l’hôpital local pour traitement médical. Plus tard, l’annonce du décès detrois membres de l’équipage est parvenue de l’hôpital.

Causes
Des procédures incorrectes ont été utilisées pour injecter d’air les conduites du dispositif au CO2. Si les tuyaux en cuivre raccordant la soupape de sélection aux bouteilles de CO2 avaient été détachés, il n’y aurait pas eu de dégagement de CO2. La tâche a été planifiée de manière inconsidérée. Le personnel d’encadrement, comme les autres chefs de services machines, le capitaine et le second, n’était pas au courant des travaux qu’effectuait le chef mécanicien sur le dispositif au CO2.
L’échappée de la salle des machines avait été rendue inaccessible de l’extérieur pour des raisons de sécurité. Si cette échappée avait été mise à disposition de l’équipe de secours, le sauvetage aurait peu être encore plus rapide.
L’éventuelle conséquence d’une fuite de CO2 dans la salle des machines n’a pas été envisagée. Aussi il n’a pas été demandé au personnel travaillant dans la salle des machines d’évacuer la zone pendant la mise à l’essai. Le personnel n’a même pas été prévenu de l’opération.

Enseignements à tirer

  • La mise à l’essai de dispositifs fixes au CO2 ne devrait être effectuée que par du personnel compétent.
  • La procédure pour mettre à l’essai le dispositif fixe au CO2 devrait être clairement détaillée.
  • Toute tâche entreprise doit comprendre un système d’évaluation des risques ou d’identification des dangers potentiels qui permette d’identifier tous ces dangers et de prendre des mesures pour éliminer, isoler ou réduire les risques au minimum. Il faut débattre de ceux-ci au cours d’une réunion, avant d’effectuer la tâche en question. est complètement isolée des tranches de la cargaison et des machines.
  • Les avantages pour la sûreté de verrouiller les échappées doivent être soigneusement pesés face à la perte des avantages pour la sécurité dont on aurait disposé en ne verrouillant pas les échappées.
  • Le personnel d’encadrement devrait bien connaître les dispositifs fixes de lutte contre l’incendie et les dangers d’un dégagement accidentel.

Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins