Accident grave

Contact avec un quai le long d’une rivière

Un porte-conteneurs d’une jauge brute de 18 000 environ a quitté un quai sur une rivière à l’aide d’un remorqueur et se dirigeait vers la rive sud de la rivière. Au moment où l’étrave du navire pénétrait dans le courant de marée principal, l’étrave s’est brusquement dirigée vers tribord après que le pilote a ordonné la barre à bâbord. Le pilote a alors ordonné la barre à bâbord toute mais l’étrave a continué de virer à tribord. Le capitaine et le pilote ont décidé d’interrompre la manœuvre et de mettre le moteur en arrière toute. Le pilote a également ordonné au remorqueur de revenir immédiatement pour aider le navire, mais le navire est entré en contact avec un quai sur la rive opposée de la rivière. Le quai a subi des dégâts superficiels mais le navire a subi des dommages importants sur son étrave avec une brèche dans la citerne du coqueron avant. Il n’y a eu aucune pollution et personne n’a été blessé.

Les causes
L’action de la marée montante sur l’étrave bâbord, associée au vent et au flux de l’eau créant un contre flux à distance du quai agissant sur le quart tribord, a été suffisante pour avoir raison de l’effet de virage produit par la barre à bâbord.
La marge d’erreur pour réaliser la manœuvre escomptée était faible et le pilote n’avait pas appliqué involontairement la barre à bâbord jusqu’à ce que l’étrave du navire ait pénétré dans le courant de marée. Le moteur a été mis sur arrière toute mais la distance d’arrêt du navire était supérieure à l’espace disponible devant lui.
Le pilote avait l’habitude de relâcher le remorqueur après s’être éloigné du quai et après avoir manœuvré. D’après son expérience, il n’a pas jugé nécessaire de retenir le remorqueur pour un navire de cette dimension. L’autorité portuaire se fie au jugement du pilote pour déterminer dans quelle mesure l’aide d’un remorqueur est nécessaire.
Le pilote avait effectué la même manœuvre dans des conditions de marée similaire, à
plusieurs reprises sans incident. L’information échangée entre le capitaine et le pilote était limitée à l’état et à la préparation du navire. Aussi bien le capitaine que le pilote ont estimé que le départ était une opération de routine qui n’appelait pas de commentaires ou d’explications particuliers.
Des accidents similaires s’étaient produits par le passé mais l’autorité portuaire n’avait pas les moyens de s’assurer que les enseignements identifiés avaient effectivement été transmis ses pilotes.

Les enseignements
Il est indispensable que les capitaines et les pilotes échangent des renseignements
concernant les risques auxquels ils peuvent être exposés et les mesures de contrôle à prendre avant de commencer la navigation.
L’identification et l’évaluation des risques concernant l’effet du courant de marée sur la
manœuvre des navires devraient être effectuées comme il convient.
Il faudrait mettre en place des procédures pour que les navires fassent appel à un remorqueur lorsque l’on prévoit un fort courant de marée.
Il faudrait élaborer un moyen efficace de diffuser les enseignements tirés aux pilotes.
La communication entre les pilotes et l’équipe à la passerelle devrait être encouragée afin que les pilotes puissent prendre les bonnes décisions.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins