Chavirement et naufrage d’un transporteur de bétail

Faits

Un transporteur de bétail, chargé à pleine capacité de bovins et d’ovins, attendait de pouvoiraccoster à son port de destination lorsque les conditions météorologiques se sont détériorées et les vents ont atteint une force 9, ce qui l’a poussé en dehors de la zone de mouillage. À ce moment-là, le navire avait une gîte de cinq degrés à tribord et était sous l’effet du roulis provoqué par la houle. Sur les ordres du capitaine, l’équipage a commencé à nettoyer au jet d’eau les ponts à cargaison 1 à 6 et les portes de bordé du pont 6 ont été ouvertes pour aider à évacuer l’eau de ce pont. La gîte ayant augmenté pour atteindre 14 degrés, le capitaine a donné l’ordre de chercher la cause de cette augmentation. La gîte a ensuite atteint 24 degrés et le capitaine a ordonné l’abandon du navire, a changé le cap du navire vers le port et a arrêté les moteurs. Les membres d’équipage n’ont pas tous entendu l’alarme d’abandon du navire. À peu près au même moment, le second, qui supervisait les opérations de nettoyage des ponts, s’est rendu sur le pont 6, où il a constaté que de l’eau
pénétrait par les portes ouvertes du bordé. Environ 20 minutes après l’arrêt des moteurs, le navire a chaviré. Il a ensuite coulé en trois minutes environ. Sur les 83 membres d’équipage à bord, 40 ont été secourus, 11 sont décédés et 32 ont été portés disparus et supposés décédés. Nombre des membres d’équipage décédés se trouvaient à bord pour manipuler le bétail et s’assurer de son bien-être.

Causes

L’équipage nettoyait les ponts à cargaison au jet et les portes du bordé étaient ouvertes.
Les dalots pourraient avoir été bloqués par des déchets solides provenant du bétail,
entraînant une accumulation d’eau sur le pont.
La gîte augmentant jusqu’à quelque 20 degrés, il a été constaté que de l’eau provenant de la mer pénétrait dans le pont 6 par les portes ouvertes du bordé à chaque mouvement de roulis du navire, augmentant l’effet de carène liquide à bord.
Il a été constaté que les portes étanches à l’eau avaient été laissées ouvertes pour faciliter les mouvements de l’équipe de nettoyage.
L’accumulation d’eau sur le pont 6, les citernes partiellement remplies et le ripage de la cargaison (peut-être en raison de la défaillance des portillons et clôtures des enclos), notamment, ont causé la perte de stabilité du navire.
Il y a eu un manque de coordination lors de l’abandon du navire, peut-être en raison d’un manque de formation de base et d’une mauvaise exécution des exercices et tous les membres d’équipage n’ont pas entendu l’alarme d’abandon du navire.

Enseignements à tirer

Il est important de surveiller la stabilité du navire à toutes les phases d’un voyage tout en prenant en compte tous les facteurs pertinents avant de commencer une opération qui entraîne un risque pour la stabilité.
Il est important de veiller à ce que tous les membres d’équipage à bord, qu’ils soient titulaires d’un titre ou non, soient familiarisés avec les procédures d’urgence et soient capables de les appliquer.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins