Accident maritime très grave

Accident mortel au cours d’un exercice de mise à l’eau des canots de secours

Faits
Un exercice de mise à l’eau des canots de secours était prévu dans le cadre des exercices mensuels. Avant la mise à l’eau du canot, les participants à l’exercice ont examiné les procédures de mise à l’eau. Le dispositif de largage a été vérifié. La grue et son interrupteur de fin de course ont été mis à l’essai en levant et en faisant pivoter le canot de secours.
Ce dernier était suspendu par un dispositif composé d’un croc de largage à vide et un
émerillon. L’émerillon était composé d’une manille à chape et d’une manille ayant une
goupille ouverte. La manille à chape était fixée par un axe de manille et une goupille fendue.
Un matelot qualifié est monté à bord du canot de sauvetage par l’avant sur tribord et s’est ensuite déplacé vers l’avant sur bâbord, prenant sa place dans le canot. Le second est monté à bord, a fait deux pas en avant et est passé sur bâbord. Soudain, le canot de secours a fait une chute de quelque dix-huit mètres dans l’eau.
Le second a été grièvement blessé et le matelot qualifié a été retrouvé mort. Après
l’accident, il a été constaté que la goupille fendue s’était rompue et que l’émerillon n’était pas monté de la façon prévue lors de sa conception.

Causes

La partie visible de la goupille fendue au niveau de l’axe de manille s’est rompue et l’axe de manille s’est dégagé de la manille à chape de l’émerillon, entraînant la chute du canot de secours. La sécurité du canot de secours pendant sa mise à l’eau et sa récupération reposaient exclusivement sur l’état de la goupille fendue.
L’État du pavillon avait délégué l’approbation du dispositif de grue du canot de secours à la société de classification, laquelle n’avait pas pris en considération la conception de la grue du canot de secours ni le caractère approprié de chacune de ses pièces. Aucun contrôle n’était en place pour réduire le niveau de risque associé à la défaillance de la goupille fendue.
Bien que la Convention SOLAS prescrive une inspection hebdomadaire des canots de
secours, y compris l’état du croc, l’officier de pont pourrait ne pas avoir vérifié l’émerillon ou la goupille fendue. Le manuel d’entretien requis par la Convention SOLAS ne mentionnait aucune inspection hebdomadaire de l’émerillon ou de la goupille fendue.

Enseignements à tirer

 Les membres d’équipage doivent connaître les risques qu’ils encourent à bord d’un canot de secours lorsqu’il est mis à la mer et hissé au cours d’exercices. D’autres orientations sur la sécurité au cours des exercices analogues figurent dans la circulaire de l’OMI MSC.1/Circ.1206/Rev.1.

 Tous les dangers associés au dispositif de largage d’un canot de secours devraient être identifiés au cours de la phase de conception, étant donné qu’il est difficile de prendre en considération les dangers qui n’ont pas été recensés dans le cadre de la gestion des risques qui a lieu à un stade ultérieur.

 Le processus de gestion des risques devrait viser à réduire continuellement le niveau de risque identifié eu égard au croc et éléments connexes jusqu’à ce que ce risque devienne acceptable pour la compagnie de gestion.

 Le croc et les éléments connexes étant des éléments importants du point de vue de la sécurité, il est essentiel de vérifier qu’ils sont toujours montés de la façon prévue lors de leur conception.

 La compagnie de gestion devrait charger le personnel de bord de veiller à ce que soit effectuée une inspection hebdomadaire du canot de secours, y compris la vérification de l’état du croc.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins