Accident maritime très grave

Abordage entre un pétrolier et un petit transporteur de granulats, à la suite duquel ce dernier a coulé

Un pétrolier/chimiquier d’une jauge brute de 4 000 venait de quitter un port, naviguant
à 10 nœuds alors que la visibilité était inférieure à 1 mille. C’était le petit matin et le jour ne s’était pas encore levé lorsque l’homme de veille du navire-citerne a détecté un autre navire sur son radar, à 10 degrés de l’étrave à bâbord, à une distance de 1,5 mille. Trois minutes plus tard, la tête de mât et les feux de navigation à bâbord de l’autre navire ont été vus et il a été déterminé que son cap était inverse et que les deux navires se croiseraient de bâbord à bâbord. Le capitaine du navire-citerne a modifié le cap de son navire de 10 degrés à tribord afin d’augmenter la distance lorsque les deux navires se croiseraient et a donné l’ordre d’utiliser le feu Aldis pour avertir l’autre navire. Lorsque la distance entre les deux navires n’était plus que de 1,5 encablure, l’autre navire a changé de cap vers bâbord et a été heurté par l’étrave à bulbe du navire-citerne. L’autre navire, un petit transporteur de granulats, a coulé très rapidement mais ses quatre membres d’équipage ont heureusement pu être sauvés.

Causes
Les principaux facteurs contributifs ont été une faible visibilité et le fait que les équipes à la passerelle des deux navires avaient pris des mesures inadéquates dans de telles circonstances. Il n’y avait pas de veille appropriée par faible visibilité et les navires faisaient route à une vitesse trop élevée vu le manque de visibilité. Les mesures prises pour éviter l’abordage étaient insuffisantes car elles n’étaient pas immédiatement évidentes pour l’autre navire. Une distance de croisement insuffisante entre les navires a été acceptée et cela a laissé peu de temps pour réagir à un changement de situation. Il a été présumé que l’autre navire réagirait également de manière appropriée. Enfin, les mesures prises pour éviter l’abordage n’étaient pas conformes au Règlement COLREG.
Enseignements à tirer
 Les capitaines ne devraient pas accepter des distances de croisement trop faibles car le risque d’abordage est élevé si l’autre navire ne réagit pas de la manière escomptée.
 Les navires devraient toujours réagir de manière appropriée en cas de visibilité
restreinte. Cela inclut la navigation à une vitesse de sécurité et le maintien d’une
bonne veille et, lorsqu’une situation rapprochée est détectée, la prise de mesures
appropriées, par exemple ralentir ou casser son erre et naviguer avec prudence
jusqu’à ce que l’autre navire soit passé et se trouve à bonne distance.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins