Accident maritime grave

ABORDAGE DANS LE BROUILLARD

Un navire roulier qui quittait le port avec un pilote local s’est engagé dans un chenal étroit à environ 6 nœuds et a abordé une drague dans le brouillard (visibilité d’environ 200 m). Le pilote avait embarqué à bord du navire roulier dix minutes avant d’appareiller et avait été engagé du fait de la visibilité réduite. La drague venait de déposer ses déblais et était en route vers un port adjacent à une vitesse d’environ 5 nœuds. Au même moment, le navire roulier savait qu’une embarcation de plaisance de faibles dimensions se déplaçait dans la zone et dans un contact sur ondes métriques elle a confirmé qu’elle resterait à l’extérieur du chenal. Aussi bien le navire roulier que la drague avaient leur radar en marche réglé sur une portée de 0,75 mille. Le contrôle portuaire équipé d’un radar couvrant la zone a donné au navire roulier l’autorisation d’appareiller. Au cours de la conversation sur ondes métriques entre le pilote du navire roulier et la drague, il a été convenu que cette dernière resterait à l’extrémité du chenal. La conversation se faisait en danois, une langue que le capitaine du navire roulier ne comprenait pas. La drague a été poussée par le courant dans le chenal et bien que le capitaine s’en soit rendu compte, il a tardé à redresser le cap. Quand le navire roulier a quitté son poste à quai, il a détecté un navire sur son radar et le pilote a supposé au départ qu’il s’agissait de l’embarcation de plaisance. Une fois que le navire roulier est sorti de l’entrée du port et a viré à tribord, il a vu qu’un navire se trouvait juste devant lui. La vitesse de rapprochement était d’environ 5,7m/s. Les deux navires ont fait
machine arrière toute mais se sont abordés.

Les causes

  • Le navire roulier a reçu l’autorisation d’appareiller alors qu’il existait un risque potentiel d’abordage avec la drague. Si le départ avait été retardé simplement de quelques minutes, le risque aurait été éliminé.
  • Les radars des deux navires avaient été réglés sur une portée inappropriée et aucun balayage à plus grande distance n’a été utilisé.
  • Avec une portée de 0,75 mille, les deux navires n’auraient été en contact radar que pendant quatre minutes.
  • Dans le brouillard, la perspective est modifiée et à moins que des techniques de pilotage planifiées et à l’aveugle soient utilisées, les changements de cap peuvent prendre plus de temps que prévu.
  • Étant donné que les communications entre les trois navires se faisaient en langue locale, le capitaine et les autres membres d’équipage à la passerelle du navire roulier n’avaient pas connaissance d’informations essentielles.

Les enseignements
La planification est essentielle pour diminuer les risques. Les techniques de pilotage en aveugle et la gestion des ressources à la passerelle diminuent les risques d’accidents.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins