[Gabon] Le DG de la marine marchande et son conseiller juridique en prison

News Gabon (Libreville) – Le Directeur général de la marine marchande, Léon Ndong Nteme et son conseiller juridique Didier Kimbirama ont été écroués à la prison centrale de Libreville ce lundi 24 avril. Les deux responsables sont soupçonnés de malversations financières.
Tout juste 24 heures après avoir été emprisonné à titre préventif, le directeur général de la Marine marchande a été évincé de ses fonctions par le Conseil des ministres.

L’opération « Mamba » initiée par le gouvernement d’Ali Bongo pour traquer les responsables politiques et des administrations qui se seraient rendus coupables de malversations financières a fait de nouvelles victimes.

Des emprisonnements liés à l’affaire Santullo

Léon Ndong Nteme, ancien directeur général du budget et actuel directeur général de la marine marchande a été placé en détention préventive à la prison de Gros Bouquet en même temps que Didier Kimbirama. Co-accusés de détournement et de complicité de détournement de deniers publics, ils sont entendus par la justice.

Proche du ministre de la Santé et de la Prévoyance sociale Paul Biyoghé Mba, un fidèle d’Ali Bongo, Léon Ndong Nteme pourrait avoir à répondre de malversations liées aux contrats dont aurait bénéficié le groupement Santullo.

En conflit avec l’État, l’homme d’affaires italien Guido Santullo est régulièrement accusé par la presse locale, souvent proche du pouvoir, d’avoir outrancièrement surfacturé les marchés publics confiés à son exécution.

Dans une longue interview accordée à l’hebdomadaire Échos du Nord le 14 avril dernier, Guido Santullo avait déclaré que plusieurs marchés lui avaient été attribués de gré à gré grâce à l’intervention directe du président Ali Bongo. Envers ce dernier, il s’était montré menaçant. « Il faut qu’Ali Bongo trouve une solution pour me payer, sinon je lui fais la guerre toute la vie ! Tous les jours, j’ai un bifteck chez moi. J’ai travaillé toute ma vie. Je suis à la retraite depuis l’âge de soixante ans. Il voulait me faire contrôler fiscalement. Pourquoi ? Je ne suis pas résident au Gabon. J’y vais dix jours par mois. J’ai ma résidence en Suisse. Je paie mes impôts en France. Je paie mes impôts en Suisse. Pourquoi devrais-je payer les impôts au Gabon ? Alors, tout ce qu’il est en train de faire c’est de l’escroquerie. Il a intérêt à me payer, sinon je le mettrai à genou ! », avait-il déclaré.


Voir en ligne : Le Ressac : Le Site des Marins