FOCUS SUR LE COSAMA

Dans un entretien accordé avec Abdou Salam KANE, le directeur d’exploitation et commercial du COSAMA dit que : « Notre compagnie contribue à assurer la continuité territoriale »

Visage avenant, rehaussé par des lunettes, le directeur de l’exploitation du COSAMA a vieilli sous le harnais des activités maritimes et du transport passager ; il a fait toute sa carrière professionnelle dans ce secteur difficile et pointu. Après l’obtention du BAC, il s’inscrit à l’UCAD (Université Cheikh Anta Diop de Dakar) où il a obtenu un Deug de lettres avant de poursuivre son cursus à l’université Mouhamed V de Rabat avec une maîtrise en droit maritime à la clé. Au début des années quatre vingt, il travaille en Mauritanie jusqu »aux malheureux événements de 1989. A son retour à Dakar en 1993, il poursuit ses études à l’école doctorale de la faculté de droit oû il obtient un DESS en droit maritime et de la mer. Il s’inscrit à l’ordre national des experts et évaluateurs après un stage de trois ans au cabinet d’expertise dénommé Excom. A l’issu de ce long stage, il devient un expert agréé, il est employé par la compagnie Getma puis par la Société maritime de l’Atlantique, un groupe marocain, équivalent du COSAMA avant de prendre ses quartiers dans cette société de droit sénégalais exploitante de la ligne Dakar Ziguinchor Dakar. Mr Abdou Salam Kane a sous ses ordres une trentaine d’agents. Dans cet entretien exclusif, il évoque ses activités en insistant sur la sécurité et la sureté à bord et dans la gare maritime…
« Tout d’abord, je remercié la direction du Cosama d’avoir porte son choix sur ma modeste personne pour occuper cette fonction. Le Cosama est une société sénégalaise de droit privé, créée sur l’initiative du gouvernement pour assurer la liaison maritime Dakar -Ziguinchor -Dakar quelques temps après le malheureux naufrage du Diola. Les autorités du pays nous ont exigés de mettre l’accent sur la sureté et la sécurité des personnes et des biens. Apres le passage des marocains, le gouvernement a estimé que notre pays était suffisamment doté de cadres et de ressources humaines pour la gestion de cette société à qui ont été cédés les droits de gestion et d’exploitation sur la base de deux conventions ».

Selon ses explications, la première est une convention d’exploitation de la ligne maritime Dakar -Ziguinchor -Dakar avec un contrat d’exploitation du navire « Aline Sitoé Diatta » ; ce navire appartient a 1’Etat et est le fruit de la coopération sénégalo- allemande. Il supplée « le Willis » de la défunte Somat pour assurer depuis mars 2008 la liaison Dakar -Ziguinchor -Dakar. « Sa gestion répond à un triptyque, soutient Mr Kane, très pédagogue : Sécurité/sureté, confort et régularité des dessertes ». A son avis, ces impératifs sont rigoureusement respectés. « La première, la sécurité, nous tient à cœur. Beaucoup d’efforts ont été fournis dans ce sens. La sécurité et la sureté du navire restent une grande priorité. L’obtention du certificat de navigation et des documents obligatoires pour la navigation, l’acquisition et la mise en place de systèmes GMDSS (système mondial de détresse et de sécurité en mer) en sont une preuve éloquente. Si ce système avait existe du temps du diola ; il y aurait moins de victimes. II y a aussi la formation des radio-operateurs en sus des audits annuels ISM de la compagnie. En outre, nous avons mis en place la gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) à bord du navire sans oublier que notre pays a ratifié toutes les conventions maritimes (Solas, Marpol etc...) Les carénages annuels s’effectuent dans la plus grande rigueur en plus du carénage quinquennal » soutient Mr Kane. « Pour les difficultés de gestion, il en existe comme dans toute entreprise mais l’état subventionne les billets homologues qui restent ainsi en adéquation avec le pouvoir d’achat des usagers. Pour Mr Kane, les perspectives d’avenir sont excellentes car de nouveaux navires de fret, tankers, bateaux taxis seront acquis. Cette attitude obéît par ailleurs à une politique fondamentale de l’état qui est celle d’assurer la continuité territoriale », conclut-il.
Source : TAM-TAM DU DOCKER N°2